Chiffres, taux et barèmes cités : ceux en vigueur au 24 septembre 2026, date de publication.
« Les frais de notaire, c’est le notaire qui les garde ? » La question revient à chaque signature. Pourtant, la réponse surprend presque toujours. Sur un achat dans l’ancien, plus des trois quarts de ce que vous versez au notaire ne font que passer par l’étude du notaire, l’office où il exerce. En effet, ce sont des impôts : il les reverse au département, à la commune et à l’État. Sa vraie rémunération tient dans une seule ligne, et un barème national la fixe.
Je suis Diplômé Notaire, et aujourd’hui conseiller en gestion de patrimoine chez Finance Nomade. En étude, j’ai passé beaucoup d’heures à expliquer des décomptes, et je sais où se logent les malentendus. Cet article les prend un par un, chiffres à l’appui.
Je parle d’abord des ventes, puis des actes de famille, donations et successions, avant de donner mon avis.
Ce que recouvrent vraiment les frais de notaire
Le décompte remis à la signature s’appelle « frais d’acquisition ». Il additionne en fait quatre choses très différentes.
- Les droits et taxes, dus à l’État et aux collectivités. C’est de loin le premier poste.
- Les débours, c’est-à-dire les sommes que le notaire avance pour vous. Elles paient les documents obligatoires qui sécurisent l’acte le mieux possible : documents d’urbanisme, liste des prêts inscrits sur le bien, plan cadastral, géomètre, syndic.
- Les émoluments, autrement dit la rémunération de l’étude. Un tarif fixé par l’État les encadre.
- La TVA, la taxe ajoutée au prix des services, à 20 % sur ces émoluments. Elle repart, elle aussi, à l’État.
Le notaire collecte donc les deux lignes d’impôt du décompte : les droits et taxes, et la TVA. Il les encaisse à la signature, puis les reverse au Trésor dans le mois qui suit. Sans ce paiement, le service de la publicité foncière ne pourrait pas inscrire la vente au fichier immobilier, le registre public des propriétés. Sans ça, vous ne seriez pas propriétaire aux yeux des autres, à commencer par les créanciers du vendeur. Le notaire est ainsi principalement un collecteur d’impôts.
Les droits de mutation : la part de l’État et des collectivités
Les droits de mutation sont l’impôt payé quand un bien est vendu. Dans l’ancien, ils comptent trois parts. La première va au département : 4,50 % du prix, ou 5 % là où il l’a relevée. La deuxième va à la commune : 1,20 % du prix. La troisième revient à l’État : ce sont les frais d’assiette et de recouvrement, soit 2,37 % du droit départemental, environ 0,11 % du prix (0,12 % dans un département à 5 %). Au taux de base, l’ensemble fait environ 5,80 % du prix.
Toutefois, depuis avril 2025 et jusqu’en mars 2028, chaque département peut relever sa part de 4,50 % à 5 %. La plupart l’ont fait : le total passe alors à environ 6,32 %. Au 1er juin 2026, selon la table de la Direction générale des finances publiques, 88 départements et collectivités appliquent 5 %. Onze, dont la Drôme, gardent le taux de base de 4,50 %, et l’Indre applique même 3,80 %. Le montant exact dépend donc de l’adresse du bien, et votre notaire le connaît au jour de la signature.
Dans le neuf, en revanche, l’impôt change de nature. Pour un logement neuf, ou un terrain à bâtir vendu avec TVA, une taxe réduite remplace ces droits : environ 0,71 % du prix. Ainsi, les « frais réduits » des promoteurs ne viennent pas d’un geste du notaire. Ce sont simplement des impôts plus bas.
Enfin, s’y ajoute la contribution de sécurité immobilière. C’est une taxe due à l’État pour la publication de la vente au fichier immobilier : 0,10 % du prix, avec un minimum de 15 euros (article 879 du Code général des impôts).
Les émoluments : ce que gagne le notaire, et qui en fixe le montant
La rémunération du notaire pour une vente n’est pas libre. En effet, un barème national la fixe, à l’article A444-91 du Code de commerce. Plus le prix monte, plus le taux baisse, tranche par tranche :
- 3,870 % de 0 à 6 500 euros ;
- 1,596 % de 6 500 à 17 000 euros ;
- 1,064 % de 17 000 à 60 000 euros ;
- 0,799 % au-delà de 60 000 euros.
Ces taux s’entendent hors taxes, et la TVA s’y ajoute. De plus, ils n’ont pas bougé depuis le 1er mars 2020. Ils sont les mêmes à Paris, à Crest ou à Lille : tous les notaires appliquent le même barème. S’y ajoutent aussi des émoluments de formalités, eux aussi tarifés, pour les démarches obligatoires : demandes de pièces, copies, publication de la vente au fichier immobilier.
Un mécanisme de remise existe, mais il reste peu utilisé, car il est très contraignant. D’abord, il est plafonné. Le notaire peut réduire sa rémunération de 20 % au plus. Et cette remise ne porte que sur la part du prix au-dessus de 100 000 euros (article A444-174 du Code de commerce). Par exemple, sur un achat à 250 000 euros, la remise vaut au plus 240 euros hors taxes. Ensuite, elle ne se négocie pas au cas par cas. L’étude qui la pratique doit l’afficher à l’avance, puis l’accorder à tous ses clients de la même façon (article L444-2). C’est pourquoi peu d’études s’y engagent, et je la vois rarement appliquée.
Frais de notaire : le même prix partout, inutile de comparer
Pour une vente, les frais de notaire sont les mêmes quel que soit le notaire choisi. La question revient souvent, et la réponse surprend. Pourtant, chaque ligne du décompte suit une règle qui ne dépend pas de l’étude.
- Les droits et taxes dépendent de l’adresse du bien et du prix, jamais du notaire.
- La rémunération du notaire suit le même barème national dans toute la France, formalités comprises.
- Les débours sont des frais réels : le notaire vous refacture ce qu’il a payé, sans marge.
Demander trois devis à trois études ne sert donc à rien. Vous obtiendrez trois fois le même chiffre, à quelques dizaines d’euros près sur les débours. La seule différence possible reste la remise, et elle est rare. Mieux vaut choisir votre notaire pour sa disponibilité, sa réactivité et sa connaissance de votre dossier. Par exemple, le notaire qui a déjà réglé une succession dans votre famille connaît vos biens et vos papiers.
Un ou deux notaires : ce que ça change pour vous
Je vois de plus en plus de ventes avec deux notaires : un pour le vendeur, un pour l’acheteur. Chacun relit alors l’acte et vérifie les pièces de son côté.
Au départ, je n’encourageais pas vraiment cette pratique. Le notaire est en effet un officier public impartial : il veille aux intérêts des deux parties, un peu comme un juge. Force est pourtant de constater que ce rôle d’arbitre s’efface un peu par rapport à avant. Aujourd’hui, je suis donc neutre sur le sujet : je ne le conseille pas forcément, mais je le déconseille moins.
D’autant que la note ne double pas. Les deux études se partagent en effet la même rémunération, celle du barème : le tarif interdit qu’elle augmente (article R444-63 du Code de commerce). En revanche, deux notaires allongent souvent les délais, car il faut accorder un agenda de plus pour chaque rendez-vous.
Côté prix, rien ne change donc pour vous : que la vente passe par un ou deux notaires, vous payez la même somme. Vous pouvez ainsi garder le notaire de votre famille, même si le vendeur a déjà choisi le sien.
Un exemple de frais de notaire : 250 000 euros dans l’ancien
Prenons un appartement ancien acheté 250 000 euros, dans un département resté au taux de base, comme la Drôme. Le décompte se construit alors ainsi.
- Droits de mutation, environ 5,80 % : 14 517 euros.
- Contribution de sécurité immobilière, 0,10 % : 250 euros.
- Émoluments du notaire, tranche par tranche : 251,55 + 167,58 + 457,52 + 1 518,10 euros. Cela fait 2 395 euros hors taxes, soit 2 874 euros avec la TVA.
- Émoluments de formalités et débours : de l’ordre de 1 000 à 1 500 euros selon le dossier, d’après mon expérience des décomptes. Tout dépend par exemple d’une copropriété ou d’un prêt à inscrire.
Au total, on arrive autour de 18 900 euros, soit 7,6 % du prix. C’est le chiffre que l’on appelle « frais de notaire ». Or, dans ce total, l’étude touche environ 3 000 euros hors TVA, formalités comprises. Autrement dit, elle garde à peu près un euro sur six. Presque tout le reste, environ 15 000 euros, est de l’impôt.
Prenons maintenant un département qui a relevé sa part de 4,50 % à 5 %. Les droits montent alors à 15 796 euros, soit 1 280 euros de plus. Le total dépasse alors 20 000 euros, soit environ 8,1 % du prix. En revanche, la part du notaire ne bouge pas d’un centime.
Par ailleurs, ces 3 000 euros ne font pas un revenu net. Ils paient une étude qui emploie des collaborateurs, s’assure contre ses erreurs et tient chaque année une comptabilité contrôlée de l’argent de ses clients. Le notaire engage aussi sa responsabilité sur l’acte pendant des années. Par exemple, s’il a mal vérifié un droit de passage ou une hypothèque (un prêt inscrit sur le bien), il doit réparer le dommage.
Combien coûtent les frais de notaire selon le prix ?
Le tableau ci-dessous reprend le même calcul pour d’autres prix. J’y compte 1 250 euros de formalités et de débours dans tous les cas, le milieu de la fourchette : ce sont donc des estimations, arrondies à la centaine.
| Prix | Ancien, taux de base | Ancien, département à 5 % | Neuf |
|---|---|---|---|
| 100 000 € | 8 600 € (8,6 %) | 9 100 € (9,1 %) | 3 500 € (3,5 %) |
| 150 000 € | 12 000 € (8 %) | 12 800 € (8,5 %) | 4 400 € (2,9 %) |
| 200 000 € | 15 500 € (7,8 %) | 16 500 € (8,2 %) | 5 300 € (2,6 %) |
| 250 000 € | 18 900 € (7,6 %) | 20 200 € (8,1 %) | 6 200 € (2,5 %) |
| 300 000 € | 22 300 € (7,4 %) | 23 900 € (8 %) | 7 000 € (2,3 %) |
| 400 000 € | 29 200 € (7,3 %) | 31 200 € (7,8 %) | 8 800 € (2,2 %) |
| 500 000 € | 36 100 € (7,2 %) | 38 600 € (7,7 %) | 10 600 € (2,1 %) |
Deux choses sautent aux yeux. D’abord, le pourcentage baisse un peu quand le prix monte, car le taux du notaire baisse par tranche. Ensuite, l’écart entre l’ancien et le neuf reste énorme à tous les prix : il vient presque entièrement des impôts.
Premier achat : la hausse de 2025 ne s’applique pas
La hausse de 2025 épargne les premiers acheteurs. En effet, la loi de finances pour 2025 (article 116) les laisse au taux de base, même dans un département passé à 5 %. Deux conditions s’appliquent.
- D’abord, vous achetez votre future résidence principale, c’est-à-dire le logement où vous vivrez.
- Ensuite, vous n’avez pas été propriétaire de votre résidence principale pendant les deux années précédentes (article L31-10-3 du Code de la construction et de l’habitation).
La condition des deux ans tombe toutefois dans quelques cas prévus par le même article, et que le fisc reprend dans sa doctrine (BOI-ENR-DMTOI-10-20, § 107). Elle ne joue pas si vous, ou une personne qui vivra dans le logement, êtes dans l’une de ces situations : carte mobilité inclusion avec la mention « invalidité », pension d’invalidité de 2e ou 3e catégorie, allocation aux adultes handicapés, ou allocation d’éducation de l’enfant handicapé. Elle ne joue pas non plus si une catastrophe a rendu votre résidence principale définitivement inhabitable. Le fisc précise aussi qu’il n’y a aucune condition de revenus, et que posséder une résidence secondaire ou un logement loué n’empêche pas d’en profiter.
Sur 250 000 euros, l’avantage vaut environ 1 280 euros. Pour un achat à deux hors mariage, ou entre époux mariés sous un contrat de séparation de biens, chacun compte pour sa propre part. Par exemple, si un seul des deux achète pour la première fois, seule sa part échappe à la hausse. Cela fait la moitié s’il achète à parts égales. Le gouvernement l’a confirmé dans une réponse publiée le 16/09/2025 (question écrite n° 5129). Pour des époux mariés sans contrat, sous le régime de la communauté, les deux doivent acheter pour la première fois. Seule exception : un époux achète seul avec son argent personnel, et l’acte le précise.
Ce qui fait bouger les frais de notaire, et ce qui ne les fait pas bouger
Trois leviers existent, et aucun ne dépend du notaire.
- Chiffrer les meubles à part. Électroménager, meubles, éléments de cuisine démontables : ces biens échappent aux droits si l’acte isole leur valeur. Il faut pour cela une liste chiffrée à leur vraie valeur d’occasion. Par exemple, sur 8 000 euros de meubles, l’économie dépasse 450 euros de droits.
- Vérifier qui paie la commission d’agence. Le mandat peut la mettre à la charge de l’acheteur. Si l’acte le mentionne aussi, les droits se calculent alors sur le prix qui revient au vendeur, sans la commission. Sur une commission de 12 000 euros, l’écart approche 700 euros. Attention toutefois, ce n’est pas une solution miracle. Ce choix peut par exemple changer la façon dont la banque calcule votre prêt. Et quand un mandat est signé avec une agence, c’est lui qui fixe qui paie la commission : on ne la déplace pas au dernier moment pour économiser des droits.
- Acheter dans le neuf. Grâce aux droits réduits, la note totale tombe autour de 2 à 3 % du prix, contre 7 à 8 % dans l’ancien. L’écart est réel, mais le neuf coûte souvent plus cher au mètre carré.
À l’inverse, faire jouer la concurrence entre notaires ne sert presque à rien, puisque le prix est le même partout.
À la revente, vos frais de notaire réduisent l’impôt sur la plus-value
Les frais de notaire ne sont pas perdus pour tout le monde. En effet, quand vous revendez un bien qui n’est pas votre résidence principale, vous payez en principe un impôt sur le gain, la plus-value. Cet impôt baisse avec les années. Pour l’impôt sur le revenu, il disparaît après 22 ans de détention. Pour les prélèvements sociaux, il disparaît après 30 ans (article 150 VC du Code général des impôts). Or, ce gain se calcule après avoir ajouté vos frais d’achat au prix payé.
Deux options existent (article 150 VB du Code général des impôts). Soit vous retenez les frais réels, factures et décompte à l’appui. Soit vous prenez un forfait de 7,5 % du prix d’achat, sans justificatif. Par exemple, sur un bien acheté 250 000 euros, le forfait ajoute 18 750 euros au prix d’achat. Le choix se fait donc au moment de la revente : gardez votre décompte définitif, car il peut valoir plus que le forfait. Attention toutefois : le forfait ne vaut que pour un bien acheté. Pour un bien reçu par donation ou par succession, seuls comptent les frais réels : frais d’acte du notaire et droits de donation ou de succession payés, justificatifs à l’appui.
Ce que le décompte provisoire ne dit pas encore
La somme demandée à la signature est une avance, calculée large pour ne rien oublier. Le notaire connaît les débours réels seulement après la publication de la vente au fichier immobilier. Il vous rend alors la différence, en général quelques centaines d’euros, dans les mois qui suivent. Si vous n’avez rien reçu six mois après la signature, demandez le compte définitif : vous y avez droit. Le délai est parfois un peu plus long, selon les délais de publication du service de la publicité foncière dont dépend le bien.
En somme, sur un achat dans l’ancien, le notaire garde environ un euro sur six des frais qu’il encaisse. Et il doit encore payer les charges de son étude avec. Le reste est un impôt, dont le taux se décide au Parlement et au conseil départemental. Si la note vous paraît lourde, c’est donc vers eux que se tourne le regard, pas vers l’étude.
Frais de notaire d’une donation ou d’une succession : surtout des impôts
Pour une donation ou une succession, la logique est la même que pour un achat : l’essentiel des frais de notaire part en impôts. Ce sont les droits de donation ou de succession. Ils se calculent pour chaque personne qui reçoit, selon son lien de parenté avec celui qui donne ou qui décède (article 777 du Code général des impôts).
- Entre un parent et son enfant, chaque enfant dispose d’un abattement de 100 000 euros par parent : cette part ne paie aucun droit (article 779). Au-delà, le barème monte de 5 % à 45 %, et la tranche de 15 932 à 552 324 euros paie 20 %.
- Cet abattement se recharge tous les quinze ans. Une donation faite il y a plus de quinze ans ne compte plus dans le calcul (article 784).
- Entre époux ou partenaires de pacs, la succession ne paie aucun droit (article 796-0 bis). Une donation entre eux profite d’un abattement de 80 724 euros (articles 790 E et 790 F). Attention toutefois : sans testament, le partenaire de pacs n’hérite de rien.
- Entre frères et sœurs, le taux passe à 35 %, puis à 45 %. Il atteint 55 % pour un neveu ou une nièce, et 60 % sans lien de parenté.
Dans une donation : le calcul détaillé
Prenons un exemple. Un parent donne 150 000 euros à son enfant, sans autre donation depuis quinze ans.
Les droits d’abord. Les 100 000 premiers euros ne paient rien. Les 50 000 euros suivants passent au barème : 5 % sur les 8 072 premiers euros (404 euros), 10 % jusqu’à 12 109 euros (404 euros), 15 % jusqu’à 15 932 euros (573 euros), puis 20 % sur le reste (6 814 euros). L’enfant paie donc environ 8 200 euros de droits.
Ensuite le notaire, pour une donation d’argent. Le tarif suit un barème propre aux dons d’argent et de titres cotés (article A444-67 du Code de commerce) :
- 2,322 % sur les 6 500 premiers euros (151 euros), 0,958 % jusqu’à 17 000 euros (101 euros), 0,639 % jusqu’à 60 000 euros (275 euros), puis 0,479 % au-delà (431 euros) : environ 960 euros hors taxes, soit 1 150 euros avec la TVA ;
- les formalités et les débours : environ 100 à 200 euros ;
- au total, environ 1 250 à 1 350 euros.
Pour une maison de la même valeur, le barème est plus élevé, et des taxes de publication s’ajoutent :
- le tarif (article A444-67) : 4,837 % sur les 6 500 premiers euros (314 euros), 1,995 % jusqu’à 17 000 euros (209 euros), 1,330 % jusqu’à 60 000 euros (572 euros), puis 0,998 % au-delà (898 euros) : environ 1 990 euros hors taxes, soit 2 390 euros avec la TVA ;
- la taxe de publicité foncière de 0,60 % (article 791 du Code général des impôts) : 900 euros, plus une vingtaine d’euros de frais de perception ;
- la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % : 150 euros ;
- les formalités et les débours : environ 400 à 700 euros ;
- au total, environ 3 850 à 4 150 euros.
Là encore, l’impôt pèse bien plus lourd que le notaire. En revanche, si chacun des deux parents donne 75 000 euros, l’enfant ne paie aucun droit : chaque don reste sous l’abattement de 100 000 euros.
Enfin, un don d’argent peut aussi se faire sans notaire, par un simple virement déclaré au fisc depuis votre espace en ligne : c’est le don manuel. Une maison, elle, exige toujours un acte notarié.
Dans une succession : ce que coûtent les actes du notaire
Dans une succession, le notaire rédige plusieurs actes. Leur rémunération suit le tarif national du Code de commerce. Pourtant, la facture comprend aussi la TVA, les formalités, les débours et parfois une taxe. Prenons une maison de 250 000 euros et 50 000 euros sur des comptes. Voici l’enveloppe complète de chaque acte, d’après mon expérience des décomptes.
- L’acte de notoriété, qui dit qui sont les héritiers : environ 170 à 250 euros en tout. Le tarif du notaire n’en représente que 56,60 euros hors taxes (article A444-66).
- L’attestation de propriété, qui transmet les immeubles aux héritiers au fichier immobilier : environ 2 350 à 2 550 euros en tout. Le tarif est un pourcentage de la valeur des immeubles, de 1,935 % à 0,532 % (article A444-59), soit environ 1 800 euros avec la TVA. S’y ajoutent 250 euros de contribution de sécurité immobilière, les formalités et les débours.
- La déclaration de succession, envoyée au fisc pour calculer les droits : environ 1 800 à 1 900 euros en tout. Le tarif est un pourcentage de tout ce que possédait le défunt, avant les dettes, de 1,548 % à 0,426 % (article A444-63), soit environ 1 700 euros avec la TVA.
- L’inventaire, quand il faut lister les meubles et les objets : environ 150 à 300 euros pour le notaire, dont 75,46 euros hors taxes de tarif (article A444-155). S’y ajoute le prix du commissaire de justice, qui estime les meubles.
Au total, l’enveloppe tourne donc autour de 4 500 à 5 000 euros, sans compter le commissaire de justice.
Face à cela, les droits pèsent bien plus lourd. Si deux enfants héritent chacun de 150 000 euros, ils paient ensemble environ 16 400 euros de droits de succession. Là encore, le notaire est surtout un collecteur d’impôts.
Mon avis sur les frais de notaire
À mon sens, les frais de notaire d’une vente ne sont pas trop hauts : ce qui monte, ce sont les impôts, pas la rémunération du notaire. Pour avoir travaillé en étude, je sais aussi que c’est un métier très dur et très prenant.
- Le barème n’a pas bougé depuis mars 2020, alors que les salaires, les loyers et l’informatique des études, eux, augmentent.
- En 2025, la hausse est venue des départements : 1 280 euros de plus sur un achat à 250 000 euros, et pas un centime de plus pour le notaire.
- Avec plus de concurrence entre études, le notaire et son équipe doivent traiter toujours plus de dossiers dans le même temps.
Économiquement, je trouve donc le tarif des ventes presque trop bas aujourd’hui. Un barème un peu plus haut laisserait à chacun le temps de mieux travailler chaque dossier. L’acheteur y gagnerait, et plus largement les Français, qui reprendraient confiance dans leur notaire. Pour les actes de famille, donations et successions, il me paraît correct.
Questions fréquentes sur les frais de notaire
Quelle part des frais de notaire revient au notaire ?
Sur un achat dans l’ancien, environ un euro sur six. Les droits de mutation (5,80 % à 6,32 % du prix selon le département) et la contribution de sécurité immobilière (0,10 %) sont des impôts. Le notaire les reverse à l’État et aux collectivités. Sa rémunération suit un barème national : environ 0,8 % du prix au-delà de 60 000 euros, plus la TVA.
Peut-on négocier les frais de notaire ?
Les droits et taxes ne se négocient pas. Un mécanisme de remise existe, mais il reste peu utilisé, car il est très encadré. La remise est plafonnée à 20 % de la rémunération du notaire, et seulement sur la part du prix au-dessus de 100 000 euros. L’étude doit aussi l’afficher à l’avance et l’accorder à tous ses clients de la même façon. Les vrais leviers sont ailleurs. Le premier : chiffrer les meubles à part dans l’acte. Le second : vérifier que la commission d’agence payée par l’acheteur sort du calcul des droits.
Qui paie les frais de notaire ?
L’acheteur, sauf si le contrat prévoit autre chose. C’est la règle de l’article 1593 du Code civil : les frais de l’acte sont à la charge de celui qui achète. Une vente « acte en main », où le vendeur les prend en charge, reste possible, mais elle doit être prévue par écrit, en pratique dès l’avant-contrat, c’est-à-dire le compromis signé avant la vente.
Peut-on payer les frais de notaire avec le prêt immobilier ?
Aucune loi ne l’interdit, mais c’est la banque qui décide. En pratique, les banques demandent souvent un apport, c’est-à-dire de l’argent à vous, qui couvre au moins les frais de notaire. Sans cet apport, le dossier de prêt passe plus difficilement.
Faut-il comparer les frais de plusieurs notaires ?
Non, pas pour une vente. Les droits dépendent de l’adresse du bien, la rémunération du notaire suit un barème national, et les débours, les sommes avancées pour vous, sont refacturés au réel. Trois notaires vous donneront donc le même chiffre, à quelques dizaines d’euros près. Seule une remise, rare, peut faire une différence.
Deux notaires, est-ce que ça coûte plus cher ?
Non. Quand le vendeur et l’acheteur ont chacun leur notaire, les deux études se partagent la même rémunération, celle du barème. Pour l’acheteur, la somme à payer reste la même. En revanche, les délais s’allongent souvent, car il faut accorder deux agendas.
Pourquoi les frais de notaire baissent-ils dans le neuf ?
Parce qu’une taxe d’environ 0,71 % du prix y remplace les droits de mutation, qui vont de 5,80 % à 6,32 % dans l’ancien. Le barème du notaire, lui, reste le même. Le total tombe donc autour de 2 à 3 % du prix, contre 7 à 8 % dans l’ancien.
Cet article présente les règles générales en vigueur à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. En effet, le taux des droits dépend du département, et chaque opération a son propre décompte.
