Ce que je vois souvent
Cinq habitudes
qui coûtent cher.
Les droits d'entrée que l'on croit négociables une fois pour toutes
Un droit d'entrée de 3 ou 4 % sur chaque versement est présenté comme un coût unique, donc indolore. Sur un contrat alimenté régulièrement pendant vingt ans, il est prélevé à chaque versement : c'est une ponction récurrente, pas un frais d'entrée. De nombreux contrats les affichent aujourd'hui à 0 %. Payer 3 % à l'entrée revient à commencer chaque versement avec un retard qu'il faudra plusieurs années à combler.
Le mandat de gestion opaque
Confier la gestion n'est pas un problème en soi. Ne pas savoir ce que l'on paie pour cela en est un. Un mandat facture des frais de gestion qui s'ajoutent à ceux du contrat et à ceux des supports, et se solde souvent par une allocation qu'un portefeuille de trois ou quatre fonds indiciels aurait reproduite pour une fraction du coût. Je ne suis pas contre les mandats. Je suis contre les mandats dont on ignore le prix.
Le fonds en euros comme placement unique
Sa garantie en capital est réelle et rassurante, et un bon fonds en euros a toute sa place dans une allocation, y compris pour un profil dynamique. Mais sur vingt ans, un capital intégralement placé en fonds en euros perd du pouvoir d'achat dès que l'inflation dépasse son rendement. La question n'est pas d'en sortir, elle est de déterminer quelle part de votre patrimoine a réellement besoin d'être garantie à court terme, et de vérifier que le fonds retenu est un bon fonds.
Souscrire là où l'on a son compte courant
C'est le réflexe le plus naturel et le plus coûteux. Le contrat proposé par votre banque n'est pas mauvais parce qu'il est bancaire, il est simplement le seul qui vous ait été présenté. Comparer trois contrats sur leurs frais réels prend une heure et se traduit par des milliers d'euros sur la durée.
Souscrire sans se demander avec quel argent
C'est l'angle mort le plus fréquent, et le plus lourd de conséquences. Un contrat d'assurance-vie alimenté par des fonds communs alors qu'il est souscrit par un seul époux peut créer une créance de récompense au profit de la communauté, découverte au divorce ou au décès. À l'inverse, un contrat alimenté par des fonds propres sans clause de remploi voit ces fonds se fondre dans la communauté. Cela se règle par une mention dans l'acte de souscription, à condition d'y avoir pensé au bon moment. C'est un réflexe de notaire, pas de distributeur.
Laisser une clause bénéficiaire vieillir toute seule
Elle a été rédigée à l'ouverture, souvent en cochant la formule standard, parfois quinze ans plus tôt. Depuis, il y a eu un divorce, une naissance, un remariage, un décès. La clause, elle, n'a pas bougé. Une clause mal rédigée peut faire perdre l'essentiel de l'avantage successoral du contrat, ou attribuer un capital à une personne que vous n'auriez plus désignée. C'est la vérification la plus rentable que l'on puisse faire en une heure, et le prolongement naturel du travail sur la transmission.