Le simulateur compare deux statuts qui sortent tout le budget, en rémunération ou en dividendes. Il existe une autre façon de faire : vous verser une rémunération qui couvre votre vie et vos droits, et laisser le reste dans la société. Jusqu'à environ 65 000 € sortis de la société pour un gérant majoritaire, chaque euro de cotisation vous achète quelque chose : de la retraite de base, un revenu si vous tombez malade, une protection si vous devenez invalide. Au-dessus de ce seuil, que la Sécurité sociale appelle son plafond, un euro de cotisation en plus n'achète plus que des points de retraite complémentaire ; la maladie, les allocations familiales et la CSG ne créent aucun droit.
L'argent gardé a déjà payé l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour une petite société détenue par des personnes physiques, 25 % au-delà. Puis il se place, sur un contrat de capitalisation par exemple, une sorte d'assurance-vie pour les sociétés. La société paie chaque année l'impôt sur les sociétés sur les produits de ce placement, calculés de façon forfaitaire pour un contrat de capitalisation, puis régularisés au rachat. Mais pas de cotisations sociales, et pas de prélèvement forfaitaire tant que rien n'est distribué. L'argent reste disponible pour l'entreprise, et le jour où vous donnez ou vendez la société, il part avec elle. L'article sur la rémunération du dirigeant chiffre ce que vaut cette trésorerie gardée sur dix ans, selon la forme de la société.
Cela a un prix. Ce capital ne crée aucun droit : pas de pension, pas de couverture, d'où la prévoyance évoquée plus haut. Et il sera taxé le jour où il sort, en dividendes ou à la vente de la société. C'est un capital à la place d'une pension, pas une pension de plus. Le bon niveau de rémunération et le bon véhicule se calculent dossier par dossier, avec votre expert-comptable : c'est l'un des sujets de la page consacrée aux dirigeants.
Mon avis. C'est souvent la voie que je privilégie, quand la rémunération couvre déjà le train de vie et les droits, et quand la société n'a pas besoin de cette trésorerie. Le reste bâtit votre propre retraite par capitalisation, à côté du régime de base, un peu comme le deuxième pilier suisse, à une différence près : ce capital reste dans la société, exposé à ses dettes, sans rendement garanti. Rien de magique : la société paie son impôt chaque année, et le vôtre est seulement reporté au jour où vous sortez vraiment de l'argent. À l'inverse, un bien loué nu en direct est imposé chaque année au barème et aux prélèvements sociaux, même quand les loyers remboursent le capital du crédit. Avec plusieurs associés ou plusieurs activités, on passe par une société holding, une société mère qui détient les autres. C'est ce que je construis avec mes clients dirigeants.